Salaire d'un médecin en France : chiffres officiels DREES et CARMF selon la spécialité, le mode d'exercice (libéral ou salarié) et le secteur.

Entre un généraliste installé en cabinet de ville et un spécialiste exerçant en secteur 2, l'écart de revenu peut aller du simple au double, voire plus. Voici ce que disent réellement les chiffres officiels, et pourquoi ils sont plus complexes qu'un simple « salaire ».

En bref

  • Selon la DREES, le revenu d'activité annuel moyen des médecins libéraux s'établissait à environ 124 000 € en 2021, toutes spécialités confondues.
  • Les médecins généralistes se situent dans la fourchette basse, avec un revenu moyen proche de 98 300 € selon la même étude.
  • La CARMF (caisse de retraite des médecins) a mesuré une hausse de +5,33 % des revenus libéraux en 2024, portant la moyenne à près de 128 000 €.
  • Les radiothérapeutes, médecins nucléaires et radiologues sont les mieux rémunérés, avec des revenus qui dépassent en moyenne 210 000 € par an (jusqu'à 400 000 € pour les radiothérapeutes) ; ophtalmologues, anesthésistes-réanimateurs, anatomo-cyto-pathologistes et oncologues médicaux suivent, autour de 190 000 € en moyenne.
  • Le mode d'exercice (libéral ou salarié, secteur 1 ou secteur 2) fait varier fortement ces montants, qui ne sont jamais des « salaires nets » directement comparables à un bulletin de paie classique.

Ce que mesure réellement la DREES

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), rattachée au ministère de la Santé, publie périodiquement des études sur le revenu des médecins libéraux. Dans son étude « Études et Résultats » n°1322 de décembre 2024, portant sur l'année 2021, elle indique que les médecins de 70 ans ou moins ayant une activité libérale ou mixte (libérale et salariée) ont déclaré un revenu d'activité annuel moyen d'environ 124 000 €. Ce montant correspond à un bénéfice non commercial, c'est-à-dire aux recettes professionnelles desquelles ont déjà été déduites les charges (loyer du cabinet, secrétariat, cotisations sociales et professionnelles), mais avant impôt sur le revenu. Il ne s'agit donc pas d'un salaire net au sens où l'entend un salarié.

Généralistes et spécialistes : un écart net

Toujours selon la DREES, les médecins généralistes (dits « omnipraticiens ») se situent dans la partie basse de cette distribution, avec un revenu annuel moyen d'environ 98 300 € en 2021. Les autres spécialités affichent une moyenne plus élevée, mais avec de fortes disparités internes : la même étude souligne que les radiothérapeutes, les médecins nucléaires et les radiologues sont les mieux rémunérés, avec des revenus qui dépassent en moyenne 210 000 € par an (et jusqu'à 400 000 € pour les radiothérapeutes), tandis que les ophtalmologues, anesthésistes-réanimateurs, anatomo-cyto-pathologistes et oncologues médicaux suivent avec des revenus moyens autour de 190 000 € par an. Entre 2017 et 2021, la DREES observe une progression de +0,7 % par an pour les généralistes, contre une quasi-stagnation (-0,1 % par an) pour l'ensemble des autres spécialités, à l'exception notable de la dermatologie, de la gynécologie et de l'oncologie médicale, en hausse sur la période.

Une hausse récente confirmée par la CARMF

Des données plus récentes proviennent de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF), qui collecte chaque année les revenus nets d'activité indépendante (RNAI) déclarés par ses cotisants. Pour l'année 2024, la CARMF a enregistré une hausse de +5,33 % du revenu moyen des médecins libéraux, portant celui-ci à près de 128 000 €, après une hausse plus modeste de +2,03 % en 2023. Le détail par catégorie montre une progression de +8,70 % pour les généralistes contre +3,08 % pour les spécialistes sur cette même année, signe d'un rattrapage partiel que la CARMF elle-même invite à relativiser au regard de l'inflation cumulée depuis 2017, date de la précédente revalorisation tarifaire majeure.

Libéral, salarié : deux logiques de rémunération

Ces chiffres concernent l'exercice libéral, qui reste majoritaire chez les médecins installés en cabinet de ville. La réalité est différente pour un médecin salarié, par exemple un praticien hospitalier dans un centre hospitalo-universitaire (CHU) : sa rémunération suit une grille indiciaire propre à la fonction publique hospitalière, progressive avec l'ancienneté et complétée par des indemnités de garde, structurellement différente d'un revenu de profession libérale. De même, le secteur d'exercice (secteur 1 à tarifs conventionnés, ou secteur 2 à honoraires libres) influence le revenu final, sans qu'un chiffre national récent et suffisamment détaillé permette d'isoler précisément cet écart : les sources disponibles invitent à raisonner en ordres de grandeur plutôt qu'en montants exacts.

Pourquoi ces écarts existent

Plusieurs facteurs expliquent ces disparités : la nature technique de la spécialité (les actes chirurgicaux ou d'imagerie sont mieux valorisés que la consultation généraliste), la densité de patientèle et la zone d'installation, l'ancienneté, ainsi que le volume d'activité. Un médecin qui débute son installation, peu après avoir obtenu son diplôme d'État de docteur en médecine, perçoit généralement un revenu inférieur à la moyenne de sa spécialité, le temps de constituer sa patientèle.

Comme le rappelle la DREES elle-même, le revenu déclaré par un médecin libéral ne se résume pas à un salaire net simple : il agrège des recettes professionnelles très variables d'une année sur l'autre, desquelles sont déduites des charges parfois lourdes, ce qui rend toute comparaison terme à terme avec le salariat délicate.

Comment lire ces statistiques

Avant de retenir un chiffre unique, trois précautions s'imposent : les données DREES les plus détaillées par spécialité datent de 2021, publiées en 2024 avec un délai lié au traitement des déclarations fiscales ; les chiffres CARMF, plus récents, portent sur un revenu net d'activité indépendante qui n'est pas calculé exactement de la même façon ; enfin, une moyenne nationale masque toujours d'importants écarts régionaux et individuels. Pour un chiffre à jour et vérifiable, la consultation directe des publications de la DREES et de la CARMF reste la source la plus fiable, avant même les nombreux articles qui les relaient.

Questions fréquentes

Quel est le salaire moyen d'un médecin généraliste en France ?
Selon la DREES (« Études et Résultats » n°1322, décembre 2024, données 2021), le revenu d'activité annuel moyen d'un médecin généraliste libéral s'élève à environ 98 300 €, dans la fourchette basse de l'ensemble des médecins. La CARMF a mesuré une hausse de +8,70 % pour les généralistes en 2024 seulement, ce qui laisse penser que ce montant a progressé depuis 2021, sans qu'un chiffre national aussi détaillé que celui de la DREES soit encore disponible pour les années les plus récentes.
Un médecin spécialiste gagne-t-il toujours plus qu'un généraliste ?
En moyenne oui : la DREES situe le revenu moyen des spécialistes au-dessus de celui des généralistes. Les mieux rémunérés sont les radiothérapeutes, médecins nucléaires et radiologues, qui dépassent en moyenne 210 000 € par an (jusqu'à 400 000 € pour les radiothérapeutes) ; ophtalmologues, anesthésistes-réanimateurs, anatomo-cyto-pathologistes et oncologues médicaux suivent, autour de 190 000 € en moyenne. Mais cette moyenne masque de fortes disparités internes à la catégorie « spécialistes » : certaines spécialités progressent peu, voire stagnent, entre 2017 et 2021 selon la même étude.
Le secteur d'exercice (secteur 1 ou secteur 2) change-t-il beaucoup le revenu ?
Le secteur d'exercice influence le revenu, le secteur 2 permettant des honoraires libres en complément du tarif conventionné, mais aucune source officielle récente et suffisamment détaillée ne permet de chiffrer précisément cet écart au niveau national pour toutes les spécialités. Il est donc plus prudent de retenir qu'il s'agit d'un facteur parmi d'autres, avec la spécialité, la zone d'installation et l'ancienneté, plutôt que d'avancer un pourcentage national fiable.
Un médecin salarié à l'hôpital gagne-t-il autant qu'un médecin libéral ?
La structure de rémunération est différente : un praticien hospitalier salarié suit une grille indiciaire de la fonction publique hospitalière, complétée par des indemnités de garde, tandis qu'un libéral perçoit des recettes professionnelles dont il déduit ses charges. Les sources consultées ne permettent pas d'affirmer lequel des deux perçoit, en moyenne, le revenu net le plus élevé, tant les situations individuelles varient selon la spécialité et l'ancienneté.
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