La France compte une trentaine de centres hospitalo-universitaires (CHU), répartis sur tout le territoire métropolitain et ultramarin. Leur liste est un fait vérifiable ; leur « classement » qualitatif est une tout autre affaire, qui dépend entièrement de la méthode et de la spécialité médicale considérées.
En bref
- Selon Wikipédia et la Fédération hospitalière de France, la France compte 31 centres hospitalo-universitaires, dont 28 en métropole et 3 en outre-mer.
- Les CHU associent soins de haut niveau, enseignement des étudiants en médecine, odontologie et pharmacie, et recherche clinique.
- Le palmarès des hôpitaux et cliniques 2025 du magazine Le Point, fondé sur des données médicales et des questionnaires détaillés, place le CHU de Toulouse en tête du secteur public, devant Bordeaux et Lille.
- Ce palmarès évalue des établissements par pathologie et discipline plutôt que les CHU comme un tout homogène : il ne fournit pas un rang unique et absolu par établissement.
- D'autres méthodologies, avec d'autres critères, pourraient aboutir à un classement différent : ce palmarès reste une source parmi d'autres, à interpréter avec sa méthode en tête.
Combien y a-t-il de CHU en France ?
Selon la page consacrée aux centres hospitaliers universitaires sur Wikipédia et les données publiées par la Fédération hospitalière de France (FHF), la France compte 31 CHU : 28 en métropole (Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Paris, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse et Tours) et 3 en outre-mer (Martinique, Guadeloupe avec le CHU de Pointe-à-Pitre/Les Abymes, et La Réunion). Le centre hospitalier régional de Metz-Thionville est parfois évoqué aux côtés des CHU, mais n'en est pas un au sens strict, faute de faculté de médecine qui lui soit directement rattachée.
Le rôle spécifique d'un CHU
Un CHU se distingue d'un hôpital classique par une triple mission, décrite par la Fédération hospitalière de France : dispenser des soins de haut niveau, souvent pour les pathologies les plus complexes ou les plus rares de sa région ; former les étudiants en médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique, notamment via les stages hospitaliers ; et conduire des activités de recherche clinique. C'est cette dernière mission qui les distingue structurellement des centres hospitaliers régionaux non universitaires, même quand ces derniers disposent d'un plateau technique comparable.
Un palmarès existe, mais avec une méthode précise : celui du magazine Le Point
Contrairement à l'absence de classement officiel des facultés de médecine, il existe un palmarès annuel des hôpitaux et cliniques, publié chaque année par le magazine Le Point. Son édition 2025, parue début décembre 2025, a passé en revue 1 750 établissements de santé à travers 83 disciplines médicales et chirurgicales, soit 135 classements distincts par pathologie, en s'appuyant sur l'analyse de près de 29,7 millions de dossiers médicaux anonymisés issus de la base de données PMSI (programme de médicalisation des systèmes d'information) et sur les réponses de 1 106 établissements à des questionnaires détaillés.
Le podium 2025 du secteur public
Selon ce palmarès, le podium des hôpitaux publics en 2025 était identique à celui de 2024 : le CHU de Toulouse conservait la première place, devant le CHU de Bordeaux (2ᵉ) et le CHU de Lille (3ᵉ). Suivaient le CHU de Strasbourg (4ᵉ), le CHU de Montpellier (5ᵉ), le CHU de Nancy (6ᵉ), le CHU de Nantes (7ᵉ), le CHU de Rennes (8ᵉ), le CHU de Grenoble (9ᵉ) et l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, rattaché à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, en 10ᵉ position. Il s'agit d'un classement agrégé toutes disciplines confondues ; le détail par pathologie, disponible dans le palmarès complet, peut faire apparaître d'autres établissements en tête sur une spécialité donnée.










Un classement global d'hôpitaux, aussi rigoureux soit-il dans sa collecte de données, agrège des performances très différentes selon les pathologies : un CHU classé en tête toutes disciplines confondues n'est pas nécessairement le mieux placé pour chaque spécialité prise isolément.
Ce que ce palmarès ne mesure pas
Le palmarès du Point porte sur la performance médicale mesurée par pathologie (volume d'actes, complications, données de suivi), à partir de dossiers hospitaliers et de questionnaires. Il ne mesure pas directement la qualité de l'enseignement dispensé aux étudiants en formation, ni l'expérience de stage vécue par les externes et internes, deux dimensions pourtant centrales pour un futur médecin qui choisit sa faculté de rattachement, comme évoqué dans notre article sur le classement des facultés de médecine.
Comment utiliser cette information
Pour un patient, ce palmarès reste utile discipline par discipline, en fonction de la pathologie concernée. Pour un futur étudiant en médecine qui s'interroge sur son choix de faculté, la taille et la diversité des services d'un CHU donnent une indication sur la variété des terrains de stage disponibles, mais ne renseignent pas directement sur la qualité de l'encadrement pédagogique, qui reste peu documentée par des données publiques consolidées à l'échelle nationale.






