Depuis la réforme du premier cycle des études de santé, l'accès à la médecine, à la maïeutique, à l'odontologie, à la pharmacie ou à la kinésithérapie ne passe plus par une voie unique : de nombreuses licences intègrent désormais une option santé permettant de candidater à ces filières. Leur nombre et leur diversité rendent la comparaison utile, mais délicate.
En bref
- Les licences comportant une option santé permettent, en plus du diplôme de licence, de candidater à l'accès aux filières médicales, dentaires, pharmaceutiques, de maïeutique ou de kinésithérapie.
- Selon des bilans compilés par plusieurs universités et relayés par la presse spécialisée, les taux de réussite vers ces filières varient fortement d'un établissement à l'autre, entre environ 8 % et 28 % selon les facultés.
- Certaines universités, notamment Bordeaux, Rennes et Strasbourg, publient des taux de réussite sensiblement supérieurs à la moyenne nationale.
- Le classement Thotis propose une comparaison de ces licences selon des critères propres, distincts d'un simple taux de réussite brut.
- La discipline associée à l'option santé (droit, STAPS, psychologie, etc.) influence aussi le profil et les débouchés de secours en cas de non-admission.
Un paysage de formations diversifié
Depuis la réforme du premier cycle des études de santé entrée en vigueur en 2020, l'accès aux filières médicales ne repose plus sur une seule voie nationale mais sur plusieurs parcours possibles, dont des licences généralistes (droit, STAPS, psychologie, biologie, sciences pour l'ingénieur, entre autres) intégrant un module optionnel de santé. Ce format permet aux étudiants de candidater à l'accès aux études de santé tout en poursuivant, en cas d'échec, un cursus classique dans leur discipline principale. Chaque université a construit sa propre offre, ce qui explique la grande hétérogénéité observée d'un établissement à l'autre.
Des taux de réussite très inégaux
Selon des données compilées par plusieurs universités pour les années récentes et relayées par la presse spécialisée, les taux de réussite pour intégrer une filière de santé via ces licences oscillent entre environ 8 % et 28 % selon les facultés, avec une moyenne nationale de l'ordre de 16 %. Certaines universités se distinguent par des taux nettement supérieurs à cette moyenne : Bordeaux (environ 24 %), Rennes (environ 22 %) et Strasbourg (environ 21 %) figurent parmi les établissements où ces licences mènent le plus souvent aux filières de santé. Ces écarts tiennent à plusieurs facteurs : nombre de places réservées à cette voie, niveau de sélectivité à l'entrée en licence, qualité de l'accompagnement pédagogique proposé, ou encore taille des promotions.



Le classement Thotis des licences santé
Le média spécialisé Thotis publie une comparaison de ces licences selon des critères qui lui sont propres, distincts d'un simple taux de réussite affiché par les universités. Comme pour son classement des facultés de médecine, Thotis pondère plusieurs indicateurs (attractivité, sélectivité, profil des admis) pour établir sa hiérarchie. Cette méthode a le mérite de la transparence, mais elle reste une grille de lecture parmi d'autres : un taux de réussite brut, publié directement par une université, mesure une réalité différente d'un score composite pondéré par un média.
Comment lire un taux de réussite affiché par une université
Un taux de réussite élevé ne signifie pas automatiquement qu'une licence est plus « facile » ou de meilleure qualité : il peut refléter un nombre de places réservées plus généreux, une sélection à l'entrée en licence plus stricte (donc un public déjà trié), ou une taille de promotion réduite qui limite la concurrence interne. À l'inverse, un taux plus faible dans une grande université peut coexister avec un nombre absolu de reçus plus élevé. Il est donc utile de croiser ce taux avec le nombre de places ouvertes et le nombre de candidats, données disponibles sur les fiches Parcoursup de chaque formation et sur le site de chaque université.
Choisir sa discipline associée à l'option santé
Au-delà du taux de réussite vers les études de santé, le choix de la discipline principale (droit, STAPS, psychologie, biologie...) mérite réflexion : c'est elle qui deviendra le cursus de poursuite d'études en cas de non-admission aux filières de santé. Un étudiant hésitant doit donc considérer une licence dans une matière qui l'intéresse réellement au-delà de la seule perspective santé, afin de conserver un projet d'études cohérent quelle que soit l'issue de sa candidature. Ce choix s'articule avec les étapes plus larges du parcours vers la profession médicale et avec la préparation des vœux Parcoursup.
Un taux de réussite affiché par une université ne se compare valablement qu'en tenant compte du nombre de places, du niveau de sélection à l'entrée en licence et de la taille de la promotion : trois données trop souvent absentes des comparatifs simplifiés.
Ce qu'il faut vérifier avant de candidater
Avant de faire ses choix sur Parcoursup, il est recommandé de consulter directement, pour chaque licence envisagée, le nombre de places réservées à l'accès aux études de santé, le taux de réussite des dernières promotions publié par l'université elle-même, et le contenu précis du module santé proposé (volume horaire, matières couvertes). Ces informations, disponibles sur les fiches Parcoursup et les sites universitaires, restent plus fiables qu'un classement agrégé pour un choix individuel.






