Derrière l'expression « meilleures facultés de médecine » se cachent en réalité plusieurs classements privés, construits sur des critères différents. Le plus détaillé publiquement disponible, celui du média Thotis, mérite d'être décrypté dans le détail avant d'en tirer des conclusions.
En bref
- Aucun classement officiel des facultés de médecine n'est publié par le ministère de l'Enseignement supérieur ou par le CNESER.
- Le classement Thotis, l'un des plus détaillés disponibles publiquement, compare des dizaines de facultés selon six critères pondérés.
- Ces critères couvrent la recherche universitaire, l'attractivité sur Parcoursup, la sélectivité, la part de boursiers et le profil scolaire des admis.
- Le Figaro Étudiant a publié une analyse distincte, centrée sur le rapport candidats/places pour estimer les chances d'admission.
- Ces méthodes ne mesurant pas la même chose, elles peuvent produire des hiérarchies différentes pour une même faculté.
Un classement, plusieurs méthodes possibles
Il n'existe pas, en France, d'organisme officiel chargé de classer les facultés de médecine. Cette absence de référence institutionnelle a laissé la place à plusieurs initiatives privées, portées par des médias spécialisés dans l'orientation post-bac. Chacune de ces initiatives choisit ses propres critères et sa propre pondération, ce qui explique que deux classements puissent aboutir à des hiérarchies différentes pour une même faculté.
Le détail de la méthode Thotis
Le classement publié par le média Thotis compare plusieurs dizaines de facultés de médecine françaises à partir de six critères pondérés : la production de recherche universitaire, avec un coefficient de 2 ; l'attractivité de la faculté et son taux d'accès via Parcoursup, également pondéré à 2 ; la sélectivité de la formation, mesurée notamment par le nombre de places ouvertes, pondérée à 0,5 ; la part d'étudiants boursiers parmi les admis, également à 0,5 ; et la proportion de mentions au baccalauréat parmi les étudiants qui rejoignent la faculté, pondérée à 1. Cette construction accorde donc un poids double à la recherche et à l'attractivité par rapport au profil scolaire des admis, un choix éditorial qui a des conséquences directes sur le classement obtenu : une faculté à forte activité de recherche mais moins sélective à l'entrée peut ainsi être mieux classée qu'une faculté très demandée mais moins active en recherche.
Une autre lecture : le Figaro Étudiant
Le Figaro Étudiant a de son côté publié une analyse fondée sur deux paramètres seulement : le nombre de candidats par place disponible, et le niveau académique nécessaire pour espérer être admis dans chaque faculté. Cette approche, plus resserrée, répond à une question différente de celle du classement Thotis : elle ne cherche pas à évaluer la qualité globale d'une formation, mais à situer, pour un candidat donné, les universités où la concurrence apparaît statistiquement la plus ou la moins forte.
Ce que ces classements ne couvrent pas
Ni la méthode Thotis ni celle du Figaro Étudiant n'intègrent, à notre connaissance, de mesure directe de la qualité de l'encadrement clinique en stage, de la diversité des services accessibles au sein du CHU de rattachement, ou du devenir professionnel des diplômés à l'issue du troisième cycle. Ces dimensions, pourtant centrales pour la formation d'un futur médecin, restent difficiles à quantifier à l'échelle nationale et ne font l'objet d'aucun indicateur consolidé et public à ce jour.
Le classement Thotis pondère la recherche et l'attractivité deux fois plus que le profil scolaire des admis : un choix méthodologique assumé, qui explique à lui seul une partie des écarts observés avec d'autres approches, comme celle du Figaro Étudiant.
Comment utiliser ces classements sans s'y fier aveuglément
Ces classements restent des outils utiles pour dégrossir un choix, à condition de comprendre ce qu'ils mesurent réellement. Un candidat qui recherche avant tout ses chances d'admission statistiques gagnera à regarder l'approche du Figaro Étudiant ou, plus directement, le ratio candidatures/places affiché sur Parcoursup pour chaque formation. Un candidat davantage intéressé par l'environnement de recherche pourra, lui, accorder plus de poids à la méthode Thotis. Dans tous les cas, croiser plusieurs sources reste plus prudent qu'une lecture isolée d'un seul classement.
Le rôle des critères personnels
Au-delà de ces classements médiatiques, des critères non mesurés par ces palmarès pèsent souvent tout autant dans un choix éclairé : la proximité géographique, le coût de la vie étudiante, la qualité de vie dans la ville universitaire, ou encore la moyenne scolaire du candidat au regard de l'exigence propre à chaque faculté.






