Au cœur de la réforme de l'accès aux études de santé annoncée pour 2027, deux blocs d'enseignement structurent l'essentiel de la première année : le bloc santé et le bloc disciplinaire. Comprendre leur articulation permet de mieux se projeter dans ce que sera concrètement cette nouvelle année, même si certains détails restent encore à préciser.
En bref
- Le bloc santé (24 à 30 ECTS) regrouperait les enseignements scientifiques communs aux cinq filières MMOPK.
- Le bloc disciplinaire (24 à 30 ECTS) correspondrait à une licence « support » choisie par l'étudiant.
- Une moyenne minimale de 10/20 serait exigée dans chacun de ces deux blocs pour rester éligible à la sélection.
- Le classement de fin d'année s'appuierait sur l'ensemble du parcours, plutôt que sur un seul examen final.
- Les pondérations exactes entre les deux blocs pour départager les candidats ne sont pas encore toutes officiellement publiées.
Le bloc santé : le socle commun aux cinq filières
Le bloc santé constituerait la partie la plus « médicale » de la nouvelle première année, avec un poids de 24 à 30 crédits ECTS. Il rassemblerait les enseignements fondamentaux nécessaires à tout futur professionnel de santé : anatomie, physiologie, biologie cellulaire, chimie, sciences du médicament, mais aussi des notions de santé publique et de sciences humaines et sociales appliquées au soin. Ce bloc serait suivi par tous les candidats aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie), quel que soit le bloc disciplinaire choisi par ailleurs. Il jouerait un rôle central dans le classement, ses notes servant notamment de critère de départage selon plusieurs sources spécialisées, bien que ce point mérite d'être confirmé par les textes définitifs.
Le bloc disciplinaire : un choix parmi plusieurs licences
De poids équivalent (24 à 30 ECTS), le bloc disciplinaire correspondrait à une licence classique dans laquelle l'étudiant s'inscrirait en parallèle du bloc santé. Plusieurs familles de disciplines seraient proposées selon les universités : sciences et techniques, droit-économie-gestion, psychologie, lettres, sciences du langage, STAPS, ou encore soins infirmiers. Ce choix permettrait à des lycéens aux profils variés — pas uniquement ceux issus d'un baccalauréat très scientifique — d'envisager une entrée dans les études de santé, en s'appuyant sur une discipline dans laquelle ils sont à l'aise. Ce bloc offrirait également, en cas de non-admission dans une filière de santé, une poursuite d'études cohérente dans la licence disciplinaire suivie, ce qui limiterait le risque d'une année blanche en cas d'échec à la sélection.
Pour une vue plus large de l'ensemble des trois blocs de la future licence, y compris le bloc transversal, voir notre article comprendre la future licence santé et son bloc transversal.
Comment ces deux blocs interviennent-ils dans la sélection ?
Selon les éléments présentés par le ministère et repris par la presse spécialisée, l'admission en deuxième année de filière de santé (ou la poursuite en deuxième année de la nouvelle licence pour retenter sa chance) reposerait sur les principes suivants, sous réserve de confirmation définitive par les décrets d'application :
- Obtenir une moyenne d'au moins 10/20 dans le bloc santé.
- Obtenir une moyenne d'au moins 10/20 dans le bloc disciplinaire.
- Être classé favorablement sur la base de l'ensemble du parcours de l'année, et non plus sur un examen ponctuel unique comme au temps de la PACES.
- Environ 80 % des places en deuxième année seraient pourvues à l'issue de la première année, une part restant réservée à une « deuxième chance » en fin de deuxième année et à des passerelles.
Cette double exigence — valider le bloc santé et le bloc disciplinaire — marque une différence importante avec certains fonctionnements des anciennes voies d'accès aux études de santé, où le poids relatif de la « mineure » et de la « majeure » pouvait beaucoup varier d'une université à l'autre. L'idée est justement d'harmoniser ce fonctionnement au niveau national.
Selon les informations disponibles à ce jour, le classement combinerait les résultats du bloc santé et du bloc disciplinaire, avec une place accordée au bloc santé comme critère de départage — un point qui reste à confirmer précisément par les textes réglementaires définitifs.
Ce qui n'est pas encore tranché
Plusieurs éléments restent flous à ce stade. La pondération exacte entre bloc santé et bloc disciplinaire pour établir le classement final n'a pas été publiée dans le détail, et pourrait varier selon les universités le temps que l'harmonisation se mette réellement en place. Les seuils précis nécessaires pour être autorisé à redoubler ne sont pas non plus définitivement fixés partout. Enfin, le calendrier global de la réforme fait débat : une partie des doyens de médecine demande un report à la rentrée 2028, ce qui pourrait décaler l'ensemble de ces dispositifs. Pour un point d'ensemble sur ces incertitudes, notre article de synthèse sur la réforme 2027 fait le point complet, et notre article comment intégrer médecine à partir de 2027 détaille la procédure de candidature associée.






